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Bienvenue sur Small print!

« Même si mon but avec ce blog a toujours été de ne retransmettre que mes émotions, opinions à propos des oeuvres que je visionne/écoute, et jamais de dresser un rigoureux tableau des défauts techniques/scénaristiques/... de ces oeuvres; j'éprouve le besoin de repartir à zéro, sur des bases mieux définies que celles de ce FeelGoodInc». C'est sur ces quelques mots que s'achevait l'existence de mon ancien blog. Un nouveau départ, donc, d'abord par un design tout neuf, une interface -je l'espère- plus pratique, et un contenu différent: afin de contrer la lassitude que j'éprouvais dans l'écriture de certains articles (les critiques de films, notamment), je vais tenter de les traiter différemment; en évitant de me limiter aux généralités, chose que je faisais avant, et que je n'ai constatée qu'en relisant quelques critiques. L'objectif principal de ce blog reste identique au précédent, il ne s'agit pas pour moi d'écrire sur chaque film que je vois en DVD, en salles; je n'ai pas de planning et n'espère pas faire ressembler ce blog à une simple liste d'avis. J'écrirai au fil de mes expériences cinématographiques, ou autres (mais généralement de l'ordre de l'audiovisuel), afin de transmettre et partager mes émotions. J'imagine que cela prendra forme au fil du temps. D'ici là, bonne visite!

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Cinéma
Domino, de Tony Scott - Le clip nuit-il au cinéma? -
eXistenZ, de David Cronenberg - Mise en scène érotisée et envoûtante -
Hot Fuzz, d'Edgar Wright - Le montage clipesque, plus adapté à la comédie? -
Little Cheung, de Fruit Chan - Une perle d'écriture et de direction d'acteur -
Obscénité et vertu, de Madonna - Toucher le fond pour accéder à son rêve -
S1m0ne, d'Andrew Niccol - Surmédiatisation et conséquences -
Sugarland express, de Steven Spielberg - We're in real trouble -
Une aventure, de Xavier Giannoli - Quand le fond se perd dans la forme... -

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La Mécanique du cœur, de Mathias Malzieu

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Anna forever!
Questionnaire: «Si j'étais»
 
Domino, de Tony Scott

Avec...

Metropolitan FilmExport New Line Cinema Metropolitan FilmExport New Line Cinema New Line Cinema

Synopsis: Jeune mannequin célèbre issu d'une famille en vue, Domino Harvey décide de tout quitter pour devenir chasseuse de primes. Fuyant les défilés et les mondanités, elle se jette dans l'univers de la traque et du danger...

Keira Knightley. Metropolitan FilmExport

Domino est l'exemple type du film moderne. Utilisation de filtres à outrance, saturation des couleurs quasi-permanente, montage elliptique ultrarapide; la post-production se ressent à chaque seconde. Cette façon de monter un film, directement inspirée de l'univers du clip, a de quoi donner le tournis à nombre de spectacteurs. Mais ce n'est d'après moi pas là que réside le gros du problème. La vitesse à laquelle s'enchaînent les plans, même si le rythme est maîtrisé, annule tout le travail des acteurs, qui incarnent des personnages visuellement magnifiés, mais complètement creux.

La mise en scène reste visible, l'éclairage, la bande son, les décors, etc...tout reste pourtant bien en place; les grandes victimes de ce genre de montage sont bien les acteurs. Où sont-ils? Seraient-ce ces personnages auxquels on s'attache vaguement, le temps d'une baisse de régime occasionnée par une scène « sentimentale » de 20 secondes? Certes, ils ont la classe. Les plans qui les présentent sont pensés en conséquence: plans caméra-épaule instables mais personnage fixe, gros plan sur les yeux (à défaut du regard...), ellipses lors de leurs mouvements; c'est sûr, point de vue visuel, ils assurent. Mais le reste est totalement effacé. Les relations entre personnages sont reléguées au deuxième plan, pour ne s'exprimer que lorsque la caméra se pose un instant. De ce fait, la relation qui d'ordinaire lie spectateur et personnages est loin d'être intense.

Le clip nuit-il au cinéma?

C'est un problème de narration, d'auteur. Comment raconter une histoire? Par l'image? Par les dialogues? Par les gestes? Une voix-off vient narrer la jeunesse de l'héroïne, puis le récit que l'on suit. Sa place est-elle justifiée? N'était-ce pas simplement là la seule solution au réalisateur pour rendre plus touchante l'histoire de son personnage principal? Et, finalement, ce parti pris esthétique est-il vraiment justifié par le propos du film? Il s'agit là de l'histoire d'un personnage, d'une vie, d'un être... alors que l'accent est porté sur une atmosphère. On pourra accorder que l'image est en accord avec le mode de vie explosif de D.Harvey, mais la justification s'arrête là.

Malgré tout, Domino reste un film bien réussi si l'on accepte sa façon de raconter l'histoire de D.Harvey. Les plans sont bien construits, l'image est très travaillée et le rythme bien dosé, notamment grâce à un montage techniquement parfait. Les scènes d'action sont impressionnantes, et le scénario, quoique tortueux, est suffisamment intéressant pour tenir en haleine le spectateur durant deux heures. Les images resteront donc, mais le reste est déjà oublié.

Difficile de conclure d'un point final un article traitant d'un problème très actuel. Une question, ou plutôt une inquiétude, pointe logiquement le bout de son nez: le montage clipesque est-il un véritable fléau des temps modernes, va-t-il gagner en importance au point de faire oublier le sens du mot interprétation, ou est-il simplement une alternative en terme de narration, un nouvel horizon dans la façon de raconter une histoire?

(A voir également: Hot Fuzz, d'Edgar Wright)

 
Domino - ma note pour ce film :
Réalisé par Tony Scott
Avec Keira Knightley, Mickey Rourke, Édgar Ramírez, ...
Année de production : 2005
Christina Ricci


Christina Ricci, 28 ans, une quarantaine de films à son actif en tant qu'actrice, est l'un de ces noms que je prononce quand on me parle de jeu, de performance, de talent. D'éclectisme, aussi. Sa filmographie impose le respect par les judicieux choix de carrière qu'elle a entrepris, et la diversité des rôles qu'elle a pu endosser avec brio. D'une petite fille dont le passe-temps favori est de torturer son frêre à une homosexuelle de famille catholique, Christina Ricci a su s'imposer avec le temps comme l'égérie d'un cinéma décomplexé et s'assumant à 200%.

Prochainement sur ce blog: Christina Ricci vue à travers trois de ses meilleurs rôles à mon sens; Prozac Nation, Black Snake Moan et Monster.

 
Christina Ricci
Né le 12 Février 1980 à Los Angeles, Californie (Etats-Unis)
Parution dans Bel Ami, Bucky Larson : super star du X, Long Time Gone
Anna forever!

A l'occasion de la grande fête organisée par DZ & MG en l'honneur de la toute puissante -pour quelques jours hein, faut pas pousser- Anna, qui porte le titre de meuble d'Allociné depuis quelques temps, je publie cet article, m'invitant ainsi clandestinement aux festivités. Clandestinement car, pas de chance, cette fête très privée n'est accessible qu'à ceux qui habillent leur blog aux couleurs de celui d'Anna; et, évidemment, cette condition tombe alors que je m'occupe du design de ce nouveau blog (je soupçonne un complot). J'ose espérer que les organisateurs me sauront gré de cet écart.

Malheureusement, je viens sans cadeau! Après maintes réflexions infructueuses sensées me mener directement à THE cadeau, j'ai finalement préféré donner cette lourde tâche à quelques personnes de confiance, qui, j'en suis sûr, sauront trouver la perle rare qui ravira celle qui illumine la blogosphère depuis maintenant deux ans .


© Koreus pour les images de base.
(Ne cliquez pas si vous n'avez pas vu Usual Suspects!)

 
Hot Fuzz, d'Edgar Wright
Avec...

Studio Canal Studio Canal  AlloCiné Buena Vista International

Synopsis: A Londres, le policier Nicholas Angel est le meilleur de son équipe. Tellement bon qu'il fait passer ses collègues pour de simples gardiens de la paix. Le chef de la brigade décide donc de le "promouvoir" dans le petit village de Sandford, où il ne se passe rien. Aux côtés du policier local Danny Butterman qui rêve de devenir Mel Gibson, Nicholas règle quelques contraventions sans grand intérêt. Une série de crimes étranges va le remettre dans l'action...

Studio Canal

L'article consacré à Domino évoquait le problème du montage façon clip que l'on retrouve dans de nombreux films, qui privilégie l'esthétique visuelle et semble avoir, dans certains cas, de graves conséquences sur le fond -notamment sur le jeu des acteurs, qui s'en trouve réduit au strict minimum. Hot Fuzz, deuxième collaboration du réalisateur Edgar Wright et du duo Simon Pegg/Nick Frost (la première étant le déjà culte Shaun of the dead), est monté de la même façon (beaucoup d'ellipses de mouvement et de temps, rythme très rapide), mais arrive à rendre ses personnages beaucoup plus attachants que dans Domino. Alors, contre-exemple?

Le fait est que là où Domino pèche (la surenchère d'effets visuels semble injustifiée par le sujet), Hot Fuzz excelle. Presque toute la différence se fait dans la tonalité du film: Hot Fuzz est une comédie pure et dure, tout y est complètement démesuré, les personnages sont caricaturés à outrance, les effusions de sang sont surréalistes, les courses poursuites haletantes, les gags omniprésents et les dialogues très inspirés. Tous les moyens sont bons pour provoquer le rire, et, parce que l'action le justifie, le choix de ce type de montage est on ne peut plus judicieux. Quoi de mieux pour coller à une comédie totalement déjantée qu'un montage de ce type?

Le montage clipesque, plus adapté à la comédie?

C'est maintenant la question qui se pose, et qui semble, après cette comparaison entre Domino et Hot Fuzz, trouver une réponse positive. Le schéma narratif de Hot Fuzz, son intrigue, ses péripéties, ses gags...tout fonctionne à merveille. Le montage y est parfaitement adapté, et va même jusqu'à rajouter une certaine forme de comique dans le film. On connaissait au théâtre les comiques de situation, de répétition, de geste, etc... Le cinéma, dispose de ses propres codes du comique, et notamment dans le montage. Ce n'est évidemment pas nouveau, mais permet de comprendre en quoi les gags de Hot Fuzz fonctionnent terriblement bien quand ils sont montés de cette façon. La séquence du départ de Nicholas Angel pour Sanford est constituée d'une suite d'images répétitives qui expliquent son état d'esprit lors du voyage: l'attente d'un taxi, le portable qui capte de moins en moins, l'attente du train, le regard par la fenêtre évoquent directement sa solitude à l'idée d'être muté en province. E.Wright use de cet artifice (que l'on retrouve, par exemple, dans Requiem for a dream, où D.Aronofsky utilise des images répétitives de prise de drogues pour déstabiliser le spectateur) dans le but provoquer le rire; ce qui a pour conséquence de rendre ses personnages encore plus attachants, alors que l'effet inverse était obtenu dans Domino.

Enfin, nuançons ici le propos: Domino n'est pas un cas isolé, et son montage, en lui-même, reste techniquement très bien réalisé. Certaines autres productions souffrent du même symptôme. On peut citer notamment la saga Saw, et en particulier le premier, où le réalisateur tente d'humaniser ses personnages (interprétés par des acteurs déjà peu inspirés), sans aucun succès. M.Bay propose quant à lui une solution intéressante à ce problème dans son futuriste The Island. Le film est divisé en deux parties distinctes: la première nous rapproche des personnages en présentant leur mode de vie, les relations entre eux, leurs habitudes; alors que la seconde les confronte au chaos du monde tel qu'il est à l'extérieur de leur cité. Très dramatique, cette deuxième partie est clairement orientée action, et est montée de façon très rapide. Pourtant, on reste attachés à ces personnages que l'on a connu avant que tout leur univers bascule. Peut-être est-ce là un début de solution pour apporter un semblant de crédibilité aux scènes calmes des films d'action?

Il est encore une fois difficile de conclure sur ce problème. L'inquiétude ressentie après le visionnage de Domino reste entière: le montage façon clip risque d'être de plus en plus utilisé sans être forcémment justifié. Dans le cas de la comédie, celui-ci semble parfaitement adapté et ajoute même un certain type de comique, fonctionnant par associations d'idées. En revanche, l'avis reste partagé pour le film d'action. S'il permet de grandes prouesses, notamment durant des scènes de course poursuites (on pense à la saga Jason Bourne), il relègue tout ce qui n'est pas de l'ordre de l'esthétique au second plan.

 
Hot Fuzz - ma note pour ce film :
Réalisé par Edgar Wright
Avec Simon Pegg, Nick Frost, Bill Nighy, ...
Année de production : 2007
S1m0ne, d'Andrew Niccol

Avec...

Universal Pictures Metropolitan FilmExport UFD Miramax Films Columbia Pictures

Synopsis: Rien ne va plus pour le réalisateur Viktor Taransky : son dernier film est un navet monumental. Pour ajouter à la confusion, Nicola Anders, l'actrice principale de son nouveau long métrage, vient de quitter soudainement le plateau de tournage. Sans elle, l'oeuvre de Viktor n'a plus de raison d'être. Elaine, son ancienne femme, maintenant à la tête du studio qui l'a engagé, met fin à son contrat. Quelques mois plus tard, Viktor reçoit Simulation One, un logiciel révolutionnaire provenant d'un fan, Hank Aleno, un informaticien génial. Ce programme permet, à l'aide d'un simple clic de souris, d'animer à l'écran une actrice virtuelle au réalisme confondant, S1m0ne. Il lui vient alors une idée de génie : utiliser les possibilités offertes par ce logiciel pour terminer son film. Rapidement, la jeune femme séduit les foules et Viktor renoue avec le succès...

Al Pacino (de dos) et Rachel Roberts. Metropolitan FilmExport

Comédie aux allures de fable symbolique sur la création artistique et de satire du cinéma hollywoodien, S1m0ne est un excellent divertissement porté par un Al Pacino en grande forme et, comme dans toute bonne comédie, des personnages secondaires hilarants. Techniquement bien réalisé malgré quelques faiblesses au niveau du rythme, le traitement de l'histoire se faisant de manière assez elliptique -ellipses elles-même intégrées au film sous la forme de très courtes scènes, faisant s'enchaîner les changements d'environnement un peu maladroitement. Pour le reste, c'est du tout bon; les décors sont bien choisis et permettent des plans esthétiquement très réussis, et illustrent à eux seuls tout l'aspect fabuleux et symbolique de cette oeuvre. Ainsi les studios d'Hollywood semblent gigantesques par rapport à sa population d'acteurs ridiculement exigeants et de réalisateurs en manque de reconnaissance, sans compter les hordes de paparazzi prêts à tout pour s'octroyer l'exclusivité de...à peu près n'importe quoi, en fait.

Surmédiatisation et conséquences

En plus de symboles (par exemple, Viktor met 9 mois à sortir son film après être entré en possession du programme Simulation One), le film est très caricatural dans sa façon d'aborder le succès du personnage virtuel créé par Hank Aleno. Tout y passe, la presse tombe dans le panneau, entraînant avec elle un public crédule et avide de célébrités plus vrai que nature. A prendre au second degré mais pas tant que ça, car si cette duperie semble à l'écran totalement loufoque, elle n'en reste pas moins une simple exagération du réel. Qui sont ces personnages vus dans les films d'actions aux scènes trop dangereuses à tourner pour les acteurs? Qui sont ces personnages posant sur les couvertures de magazines de mode? Où s'arrête le réel et où commencent les retouches informatiques? La réflexion que suit le personnage de Viktor Taransky est que ce qui importe, au fond, c'est le travail, l'intention du réalisateur. Il matérialise le rêve de tout studio: un acteur qui n'a aucun besoin particulier, qui ne fait que son boulot, et qui le fait de la manière la plus parfaite possible. Pas d'oublis de texte, pas de retard sur le plateau, pas de fatigue, pas d'éternuement non souhaité. Aucun défaut. Evidemment, on retombe dans un débat longuement soulevé; qu'est-ce que la perfection? Si un tel programme voyait le jour, pourrait-il être utilisé? On connaît déjà le principe pour les figurants (notamment pour donner un effet de foule avec seulement une poignée de personnes); pourrait-il se généraliser aux rôles principaux? On aimerait répondre négativement, en appuyant le fait que ce sont nos défauts qui nous rendent humains, que le cinéma ne peut évoluer sans acteurs, qu'il n'y aurait plus de rapport acteur/public, etc.... mais le sujet semble bien plus complexe que ça.

Mais si cette question est importante, un autre thème prête également à réflexion, incarné dans son ensemble par le personnage de Viktor Taransky. La reconnaissance. Quoi de plus dur pour un réalisateur de ne pas voir son travail reconnu par le public? Pire encore, quoi de plus dur pour un réalisateur de voir son film acclamé grâce à la seule présence à l'écran d'une star renommée? Le film pose la question de la place de l'acteur à Hollywood, dans les médias. Taransky a fait le choix de ne pas présenter S1m0ne au public, lequel réclame immédiatement des informations sur l'actrice; on le sent en manque de scoops, de people, de grosses pages sur la vie privée de l'actrice, d'une idole à chérir et suivre dans n'importe quel film, de n'importe quel réalisateur. Inquiétant.

S1m0ne est un savant mélange d'humour, d'ironie (le never stop believing prononcé par l'actrice virtuelle face à ses fans en est un bon exemple), de satire, un cocktail acide qui prend sur un ton comique des sujets qui ne manqueront pas de faire couler de l'encre et d'aligner des pixels. Qui sait ce dont le cinéma de demain sera fait?

 
Simone - ma note pour ce film :
Réalisé par Andrew Niccol
Avec Al Pacino, Catherine Keener, Evan Rachel Wood, ...
Année de production : 2001
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